June 26, 2022 at 9:08 pm

Conference du Pere Bernard Michon, donnee au Festival Marial a Paray-le-Monial

Conference du Pere Bernard Michon, donnee au Festival Marial a Paray-le-Monial

Dans toute life, depuis des epreuves et des souffrances. Ils font aussi le gabarit de nos diverses responsabilites. D’ou le sujet qui sera le fil continu de cette meditation : le gabarit de des responsabilites, les epreuves d’une vie, voire la souffrance, peuvent-elles devenir fecondes ? Peuvent-elles apporter 1 plus, et lequel ? Je vous propose de partir d’la vie ainsi que l’experience de Marthe Robin. Je procederai par trois approches…

1. D’abord, en commencant par l’exterieur, des souffrances les plus visibles

Marthe, vous le connaissez, a bon nombre souffert, de sa petite enfance, deja avec le deces de sa s?ur, ainsi, J’ai maladie qui l’a rejointe, elle, tres vite. Cette adolescente grandit en meme temps que la maladie, avec des hauts, des bas, de legeres remissions pouvant lui donner l’espoir de retrouver une vie normale, mais voila que la maladie revient et la paralyse de plus qui plus est. Ces souffrances paraissent physiques : dans la cuisine de sa ferme, celle-ci a crie, elle s’est retrouvee partout, terrassee. Ce paraissent aussi des souffrances dans sa sensibilite. Elle a enormement aime sa famille, ses parents, son frere Henri qui etait son parrain, ses s?urs. Mais eux-memes etaient beaucoup desempares devant sa maladie : des medecins seront venus, Marthe est meme allee en cure, et cela n’a gui?re servi a grand-chose. Notre famille voit et ne regroupe nullement. Dans ce milieu rural, on n’aime pas avoir quelqu’un de malade dont on ne sait que affirmer. C’est pourquoi cet etat aussi a certainement suscite, a un moment ou l’autre, des reactions difficiles en part de l’entourage et des voisins qui ne comprennent pas. Quelques-uns vont deviner que ce qu’elle vit est d’abord interieur, avec Dieu ; mais d’autres, ainsi, beaucoup, vont penser n’importe quoi. J’imagine que Marthe, dans sa grande sensibilite, avivee encore par sa propre souffrance, devait ressentir tres douloureusement une telle incomprehension qui J’ai montrait du doigt et l’isolait.

Un ou deux pretres et des familles vont assez vite accueillir votre qu’elle vit, persuades que c’est une ?uvre de Dieu

Mais quoi ? Personne n’en sait que dalle. Et Marthe est la derniere a pouvoir satisfaire a cette question. Voila pourquoi, meme quand le Seigneur lui confie une ?uvre qu’elle decouvre peu a peu, vers 1933, elle dira elle-meme qu’elle se sent depassee : « Je suffoquais d’angoisse a J’ai seule pensee de votre que j’avais a dire d’une part du Seigneur », et le dire a qui ? a son cure, le Pere Faure. Ce n’est pas qu’elle a peur de le cure, elle l’estime bon nombre, aussi si par temperament Cela reste un tantinet rude. Plus tard, elle dira : « On evoque que monsieur le cure est bon, mais, quand il vient me voir, il devra laisser sa bonte a J’ai porte. » Je comprends le Pere Faure. Cela se sentait lui aussi depasse, ainsi, il craignait de se fourvoyer. Voila pourquoi il etait sur la reserve ; votre n’etait aucun la mefiance, mais en prudence. N’empeche que, pendant des mois, Marthe a peur de votre que Jesus lui demande : « Je suffoquais d’angoisse a la seule pensee de ce que j’avais a dire ».

Apres coup, peut-on entrevoir ce que une telle accumulation de souffrances a apporte a Marthe ? Il semble qu’on peut commencer a le formuler ainsi : ces epreuves vont etre comme votre creuset, menchats qui va lui apporter une plus grande humanite, avec un fond d’humilite, qu’elle gardera toute sa vie. Marthe a touche le fond, le fond de la souffrance, en detresse ainsi que la solitude, de l’epreuve a la fois physique, sensible, ainsi, votre jour on dira “spirituelle”. Apri?s, Marthe verra pourquoi de votre bas-fond, de ces “enfers” (au sens etymologique), elle va recevoir l’intelligence du c?ur, une possibilite exceptionnelle, hors du commun, d’accueillir et de comprendre de l’interieur, par experience, ceux qui souffrent, quelles que soient leurs epreuves et leur detresse. Ceux qui souffraient percevaient en elle quelqu’un a leur niveau, quelqu’un qui n’etait jamais au-dessus ni a cote, ni au ciel, mais qui les accueillait en les comprenant d’emblee, tel d’instinct.

Marthe ne va pas seulement accueillir les individus qui s’approchent d’elle, “sympathiser” avec elles, au sens etymologique (“patir avec”, compatir), mais elle va prendre concernant cette dernii?re un en gali?re, une partie de cela les fait souffrir, et ces gens seront surprises d’etre restees aupres d’elle, ne serait-ce que deux minutes, et de ressortir de chez elle avec un poids en moins. Un jour, votre paysan du Vercors etait venu lui apporter des pommes de terre. Cet homme avait hesite a se mettre en route a cause du mauvais temps, puis parce qu’il avait d’une fievre. Cela reste quand aussi venu apporter ses pommes de terre. Tous 2 ont parle de choses et d’autres. Cet homme reste reparti, heureux de sa visite ; il allait mieux. Et le lendemain, c’est Marthe qui avait une grosse fievre qui l’a tenue plusieurs jours.

“Prendre sur soi” : dans l’Ecriture, c’est la mission du serviteur. Isaie l’a entrevu, au chapitre 53 : un mysterieux serviteur prend dans lui le peche des multitudes, et le meme serviteur fait venir via elles la Justice de Dieu. Apri?s, le realisme et l’ampleur de cette Parole de Dieu seront illustres, verifies, “accomplis” via Jesus. Cela chapitre 53 d’Isaie restera, dans la premiere proclamation de l’Evangile, une reference explicite, parfois tenue, mais constante.

Je n’ai pas connu cet homme du Vercors, mais j’ai connu ses enfants, ses petits-enfants. J’imagine que votre homme, tel bien des familles en Galaure, n’a jamais parle religion avec Marthe : ils ont du parler du projet de chacun, de la vie quotidienne. Mais Marthe prend concernant celle-ci. Elle a cette capacite, non seulement d’accueillir ainsi que comprendre de l’interieur ceux qui souffrent, et de prendre a c?ur et comme d’absorber une part de leurs epreuves.

J’me souviens etre passe chez celle-ci, votre jour ; j’avais plusieurs trucs lourdes a porter. J’suis reste dans la cuisine, puisqu’il y avait trop de monde dans sa chambre. J’ai pu prier une minute, ainsi, en repartant, je n’avais plus ce poids sur les epaules. D’ou i§a vient-il ? Marthe “prend via soi” comme le Serviteur du Seigneur, comme Jesus dans l’Evangile, au contact des malades et meme une mort (cf. Mt 8.16 et 17). Notre salut chretien consiste en votre echange, en cette double osmose. Par Lui qui en fera des frais, les peches sont enleves et, avec lui qui en a la divine puissance, l’Esprit Saint reste donne, repandu a profusion.

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